Préparation physique pour un Dakar

Jérôme Feuillade, MD AMIS

Les muscles sollicités

Le type d'effort

L'entrainement

Les différents exercices

L'endurance

Les mesures diététiques

Se lancer sur un Dakar en moto demande une certaine préparation physique.

Cependant l'expérience montre que chacun se prépare comme il peut entre la course aux sponsors, les préparations mécaniques, le boulot et la famille.

La plupart des motards amateurs se retrouvent donc au départ sans s'être beaucoup ou mal entraîné.



Le moindre petit bobo prend rapidement des proportions invalidantes conduisant à l'abandon. La préparation physique va conditionner vos capacités sur la piste mais surtout vos possibilités de récupération. En évitant l'épuisement, vous éviterez plus facilement la chute et toutes ses conséquences. Donc les p'tits gars, au boulot, il n'est pas trop tard pour faire bien ! De toute façon, si cela peut vous rassurer, chacun à son niveau va en baver.

Les muscles sollicités

Après 12 heures de TT, on a mal un peu partout, je ne vous apprends rien. La grande différence sur un Dakar, c'est l'absence de masseuse, de douche relaxante et le réveil du lendemain matin à 4 h par les avions Tupolev après une nuit très courte à même le sol pour enchaîner avec 12 nouvelles heures de moto. Ceci risquant de durer 15 jours, il ne s'agit pas d'être handicapé par une tendinite ou un lumbago en sortant votre moto du bateau. Si on analyse les groupes musculaires sollicités, on remarque qu'il s'agit surtout :

Les muscles para cervicaux (bobo au cou)

Les muscles de la ceinture scapulaire (Epaules)

Les AV bras

Les lombaires

Les cuisses

Tous ces groupes musculaires doivent être musclés spécifiquement pour assurer le boulot. Nous verrons comment le faire simplement chez vous.

 

Le type d'effort

En fait, la moto est un sport complet et si vous ne voulez pas être transformé en une courbature vivante au bout de 2 jours, il va falloir préparer votre corps à cet effort. Si de base, il vous faut une très bonne endurance (un bon foncier en langage sportif), il ne faudra pas négliger le fait que vous devrez également être capable de fournir un gros effort sur de courtes durées (relever sa moto, désensablement, etc.). Ceci va donc conditionner votre entraînement qui aura pour but d'augmenter votre résistance à l'effort d'endurance tout en vous permettant de délivrer beaucoup de puissance spontanément sans épuisements.

 

L'entraînement

Maintenant que l'on sait les muscles à faire travailler et le type d'effort que l'on va nous demander, on va pouvoir se mettre au boulot.

Au niveau de la musculation, l'idéal est de pouvoir travailler au moins 2 fois par semaine dans une salle type
24 H fitness qui a l'avantage de vous mettre à disposition toute une panoplie d'instruments de torture adaptés aux différents muscles à travailler. Pour ceux qui n'ont ni le temps ni l'argent pour aller dans ces salles, il reste la cave aménagée ! Il faudra compter 1/2 h par jour environ pendant trois mois. L'important est de développer votre musculation tout en augmentant votre souplesse.

Les différents exercices :

Pour les Membres supérieurs

Epaules et bras : 5 séries de 20 Pompes en alternant les séries lentes (augmente la puissance) et les séries rapides (augmente la tonicité)

Avant-bras : Vous pouvez travailler avec une barre métallique de musculation en mettant vos avant-bras sur un plan plat et en faisant jouer les poignets en flexion et en extension en tenant la barre. 5 séries de chaque vous feront le plus grand bien !

Le Cou et l'ensemble de la colonne vertébrale

Il faut travailler cela combiné avec des séances d'abdominaux (genoux fléchis) en 2 séries de 50 dans les plans axial et sagittal.

Les cuisses : 2 types d'exercices

Celui de la chaise, dos bien plat sur un mur, les jambes perpendiculaires et vous restez ainsi en maintenant la position en 2 séries de 3 minutes

Toujours le dos bien droit, les jambes en flexion, vous sautillez ainsi sur place 50 x en 2 séries. Si l'exercice est bien fait, vous devez avoir le feu dans les guiboles.

Toute séance doit impérativement se terminer par 5 minutes d'étirement. ! !

 

L'endurance

Il faudra prévoir 2 à 3 séances par semaine. Ici pas besoin de gros investissement, une bonne paire de basket et/ou un vélo, 2 guiboles et des poumons.

Le top, c'est de pouvoir faire calculer votre VO2 max dans un laboratoire de physiologie (environ 60 Euros, tarifs 2000). A l'aide d'un cardio-fréquence-mètre vous adaptez votre travail à votre rythme cardiaque et à l'entraînement recherché.

Attention cependant à ne pas vous épuiser en forçant trop et trop rapidement. Il faut commencer doucement, changer d'activité, en profiter pour faire une grosse révision du bonhomme ... en commençant par les dents. Pourquoi les chailles ? Parce qu'un mauvais état dentaire peut être responsable de passage de bactéries dans le sang et d'atteinte cardiaque majorée par l'effort physique.
Un tel entraînement va vous permettre au final d'améliorer l'ensemble de vos capacités, de récupérer plus rapidement et surtout de mieux connaître vos limites.

 

Les mesures diététiques

A l'entrainement

Pour majorer l'efficacité de vos efforts, il faut accompagner votre entraînement par des mesures diététiques simples avec suppression de l'alcool, des plats en sauce, de l'excès de graisse animale. En un mot, fini les grosses bouffes et place à des repas équilibrés.

J'insisterais beaucoup plus sur l'hydratation et les rations de récupération, puis sur la nourriture

L'hydratation en rallye-raid

Nous sommes nombreux à la négliger. En fait, après une journée d'effort en plein caniar, il y a de forte chance que vous soyez un peu déshydraté le soir. Donc à vos bouteilles ! Le meilleur moyen de connaître votre état d'hydratation est d'observer la couleur (concentration) et la fréquence de vos urines. Au top, il faut pisser fréquemment et pas trop foncé. Pour cela, il faut boire constamment en petite quantité et surtout avant d'avoir soif. Il est donc impératif d'emmener un Camel Back dans le dos. Il existe nombre de potions avec additifs énergétiques pour votre eau, essayez d'alterner car 15 jours avec le même goût, ça lasse. Au niveau des quantités, cela dépend surtout de l'intensité de l'effort et de la température. Sur le Dakar, on peut tabler sur une déperdition de 400 ml à 800 ml/H.

Donc, à vos tétines les gars ! Le schéma global d'hydratation est :

• Avant le départ

Avec le petit déjeuner, il faut absorber plus d'un litre de liquide.

• Les ravitaillements

Entre chaque ravitaillement essence (350 Km), il faut vider un Camel Back (1,5 litres)
Au ravitaillement, il faut bien boire 1 litre

• A l'arrivée

Dés l'arrivée, il faut penser à recharger la bête pour le lendemain en commençant la ration de récupération.

Et je vous rappelle que cette hydratation fait partie de la prévention des crampes !

 

La Ration de Récupération

Son but est d'aider l'organisme à retrouver son état d'équilibre afin d'être efficace les jours avenirs et de limiter les phénomènes de fatigue. Vous commencerez donc le plus tôt possible dès la fin de l'exercice !

Les objectifs à atteindre seront :

En pratique, voici un petit exemple

• Dés l'arrêt de l'effort :

Boire 300 ml d'eau gazeuse (Perrier, Vichy, ...)

+ 1,5 g de chlorure de sodium

+ 1 cuillère à soupe de gluconate de potassium

• Après la douche

Boire 250 ml de jus de fruit

Trente minutes avant le dîner

Boire 250 à 500 ml d'eau minéralisée (Vittel, Volvic, Evian, ...)

• Au dîner :

Un bouillon salé de légumes

200 gr de pâtes ou de riz ou pomme de terre, cuits à l'eau salée

Une salade avec un oeuf dur

150 gr de pain avec 10 gr de beurre

300 gr de fruits frais

Quelques fruits secs

................Et le pinard alors !

• Au coucher :

Boire 250 ml de Perrier. ...

La nourriture

Sur le Dakar, on fait 2 gros repas, un le matin et l'autre le soir. De toute façon, c'est ouvert à toute heure . Pour la journée vous avez des rations de survie qui sont très bien faites et complètes. Vous les prenez, soit au bivouac, soit auprès des Tango (Voiture de médecin). Pour s'alimenter, il faut profiter de votre arrêt d' 1/4 d'heure lors des ravitaillements et avoir toujours de quoi grignoter dans votre banane.

 


 

Piqûres des doigts

Jérôme Feuillade, MD AMIS

 

Il s'agit à l'origine d'une piqûre simple au niveau d'un doigts à travers les gants par des épines d'arbustes. Ils sont très nombreux en Afrique, mais se rencontrent également en France avec les acacias.
D'apparence bénignes, ces lésions passent souvent inaperçue ... mais attention danger !
Ces piqûres sont le plus souvent articulaires compte tenu de la position (serrage) des mains sur le guidon. Elles se transforment très fréquemment en infections redoutables de l'articulation qui nécessitent des antibiotiques et parfois la chirurgie.

En prévention il est nécessaire de monter des protège-mains type Baja.
Lorsque la piqûre est survenue, il faut s'assurer qu'il ne reste pas de fragment de bois dans le doigts et surtout commencer immédiatement un traitement antibiotique et faire contrôler sa vaccination antitétanique.

 

Entorse et fracture de l'avant-pieds

Jérôme Feuillade, MD AMIS

 

 

Cette atteinte est très fréquemment retrouvée en moto tout-terrain. Il s'agit d'un traumatisme direct de l'avant-pieds qui, trop avancé en position debout, va se trouver écrasé entre le repose-pied et un éventuel obstacle.
Cet accident survient le plus souvent en liaison sur les sentiers étroits dont les bordures herbeuses trop hautes cachent des obstacles (souches, branches, pierres, ...).

Les dégâts sont parfois si importants, qu'il est nécessaire de recourir à des amputations distales.
Mais le plus souvent les sujets ont des fractures simples de l'avant-pieds ou des entorses des articulations du tarse nécessitant des soins pendant plusieurs semaines.
Tout cela peut être évité en ayant le réflexe de se reculer sur les repose-pieds chaque fois que vous roulez sur des sentiers très étroits. En cas de choc, le pieds sera arraché du repose pied sans être écrasé.

 

Tendinite du poignet

Jérôme Feuillade, MD AMIS

 

C'est une tendinite du poignet très fréquente dans notre sport, on la retrouve également en VTT et .... chez les passeurs de tondeuse du weekend !

La douleur apparaît progressivement après une ou deux journées de moto. Elle est associée à un oedème et parfois une sensation de grincement localisée sur l'avant bras à environ 7 cm de la base du pouce. Elle correspond anatomiquement au croisement de deux tendons qui, par l'effet des vibrations et d'un excès de sollicitations, vont s'irriter.

Ce phénomène est favorisé par une position de conduite mal adaptée (poignée de frein et d'embrayage trop hautes).
En dehors du traitement habituel (massage, glace, anti-inflammatoire, bonne hydratation et repos), il faut modifier radicalement la position du guidon et des poignées.

 

 

 

Syndrome des gaines

Jérôme Feuillade, MD AMIS

 

Il s'agit d'une sensation d'engourdissement ressentie dans les mains après quelques jours de moto.
Elle correspond à une inflammation interne de la paume des mains très certainement dûe à des microtromatismes transmis par le guidon. Cette inflammation va être responsable d'un oedème qui va comprimer partiellement les structures nerveuses.
Le traitement consiste en une courte cure de corticoïde.

En dehors du traitement habituel (massage, glace, anti-inflammatoire, bonne hydratation et repos), il faut modifier radicalement la position du guidon et des poignées.

 

Entorse récente du genou

Jérôme Feuillade - Urgentiste, CH Annemasse

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.

 

Les genoux sont concernés dans 30 % de la pathologie en moto TT.
En cas de traumatisme, il est nécessaire de connaitre la gravité de l'atteinte pour commencer rapidement un traitement .

Le genou doit sa stabilité aux différents muscles de la cuisse (Quadriceps++) et à plusieurs ligaments (pivot central++).

Comment peut on se faire mal ?

Deux circonstances principales :

- Choc sur le pied de la jambe sortie en virage
- Choc et rotation pied en appuie sur les cales-pieds (Ornières++)

Les différentes entorses

Le terme " entorse " est très vague et cache des lésions les plus variées et les plus grave.
Pour faire simple, la gravité et la conduite à tenir d'une entorse dépendent de l'atteinte du pivot central du genou

Les entorses bénignes, elles ne concernent que les éléments périphériques du genou (capsule, ligament latéral interne et/ ou externe) avec pivot central intact.

Les entorses graves dans laquelles le pivot central est atteint, associé ou non à des lésions capsulo-ligamentaires périphériques

Ainsi, vous ferez vous même votre diagnostic probable de gravité si vous avez ressenti :
- Un craquement
- Une impression de déboitement
- Une sensation de "patte folle", une instabilité

Si tel est le cas, il n'y a pas photo ... Vous avez le genou en vrac.

Le traitement des entorses

Entorses bénignes

Le traitement pourra durer de 15 jours à deux mois en fonction d'un simple étirement ou d'une rupture des ligaments périphériques (Immobilisation courte puis Kiné)

Entorses graves

Lisez bien car intéro au camion AMIS pendant la saison ! Plusieurs cas :

- La totale, pivot central et structures périphériques en vrac, fini de jouer : direction le bloc opératoire
- Vous avez une rupture isolée d'un des deux ligaments du pivot central (ligament croisé antérieur ou postérieur). Il y a discussion du choix thérapeutique en fonction de l'âge, de critères sportifs et professionnels.

Ainsi si vous êtes un sportif occasionnel et /ou exercez une profession sédentaire, le traitement peut se faire par immobilisation courte et rééducation pendant un minimum de 3 semaines et c'est vraiment le minimum. La chirurgie est à prévoir s'il persiste une instabilité.

Par contre, si vous êtes un sportif professionnel, la chirurgie est souvent à prévoir d'emblée mais sans urgence.
Attention prévoir 3 a 4 mois pour la reprise sportive.

Les moyens de preventions

Pas chers
- Ne sortez vos guiboles en virage que de façon tonique et lorsque c'est nécessaire.
- Gaffe aux ornières, reculez et rentrez vos pieds sur les cales-pieds.

Plus coûteux
Un grand nombre d'attelle de genou existe sur le marché souvent efficaces mais très chères.
Nous travaillons actuellement avec THUASNE pour sortir un produit abordable et d'un excellent rapport qualité /prix.

(A suivre)
Dr J FEUILLADE

 


 

 

Instabilité chronique de genou

Jérôme Feuillade - Urgentiste, CH Annemasse

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.

 

Les Problèmes de genou représentent plus de 30 % des pathologies liées à l’enduro.

Les enduristes étant plutôt de rudes gaillards, il n’est pas rare d’examiner des genoux d’anthologie abîmés par des années d’entorse récidivante traitée le plus souvent par le mépris et les cataplasmes de belle-mère.

L’histoire d’une instabilité chronique du genou commence très fréquemment par une atteinte du pivot central du genou avec une rupture d’un des croisés antérieur ou postérieur (Voir Entorse récente dans la rubrique médicale pour voir les schémas).
Apres une période de douleur et d’épanchement, le patient peut reprendre le plus souvent ses activités avec un genou pratiquement redevenu normal. On reprend confiance et les bons coups de moto.

Mais voilà, sur un appui forcé en rotation pour faire l’intérieur à Marcel , le genou se déboîte et c’est reparti pour un tour avec un genou douloureux, gros comme une baudruche.

Sans traitement, cette histoire va se reproduire a plusieurs reprises et conduire à un genou de plus en plus laxe avec dégradation progressive des cartilages articulaires et des ménisques. La gène sera de plus en plus marquée.
A ce niveau d’instabilité, il vous faut un bon chirurgien orthopédiste si vous ne voulez pas finir avec une prothèse totale de genou.

La meilleure méthode est encore d’éviter d’en arriver à l’instabilité chronique.
Pour cela, les entorses récentes doivent bénéficier d’un traitement adapté après avis médical.

Quelque soit le type de traitement mise en œuvre (Chirurgie ou rééducation), le port d’une attelle articulée lors de la reprise de sports tel que l’ enduro est fortement conseillée. Chez AMIS on affectionne celle çi d'un bon rapport qualité prix.

Au premier épisode d’instabilité, n’attendez pas le deuxième pour agir et demandez conseil a un orthopédiste qui vous proposera la technique chirurgicale la mieux adaptée a votre cas après un examen, radiographie et/ ou IRM et/ ou arthrographie.

Donc, gaffe a vos genoux même si vous vous appelez pas Tortelli !
Alors, consultez si vous avez mal au genou après une chute !

Dr J.FEUILLADE www.amis.asso.fr

 


Face à une victime :
savoir faire un bilan et donner l'alerte

Les MD et secouristes AMIS

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.

 

Préambule et objectifs

En balade ou en course, nous avons été ou serons tous confrontés tôt ou tard à une victime : un ami, un concurrent allongé auprès de sa monture après une chute. L’épisode peut se solder par une simple chute sans gravité avec seulement un levier d’embrayage tordu.
Mais ce peut être plus sérieux avec nécessité de mettre en jeu la chaîne des secours.

La chaîne de secours et de soins (y compris et surtout en enduro) ne peut fonctionner sans son premier maillon, le témoin (c’est vous qui arrivez auprès d’une victime !) qui évite le suraccident, fait un bilan et donne l’alerte.

Eviter le suraccident

Un blessé suffit !!!
Lorsque vous arrivez auprès d’une moto en travers du chemin, son pilote allongé, vous devez avertir les concurrents suivants du danger.
Si vous êtes seul, vous béquillerez votre moto en amont, bien visible en travers de la piste afin que les pilotes ralentissent.
Idéalement, si vous roulez en groupe, l’un d’entre vous avertira les suivants en se postant en amont de l’accident.

Le bilan

Il sera fait en deux temps. Tout d’abord en observant une des fonctions vitales : la fonction nerveuse, c’est l’état de conscience.
Ensuite, en inspectant et en questionnant la victime, vous ferez un bilan des lésions.

Fonction nerveuse, état de conscience

Poser une question simple :
" ça va, vous m’entendez ? "
" quel est votre nom ? "

Donner un ordre simple :
" serrez moi la main ! "
" ouvrez les yeux ! "

Si la victime répond ou obéit, elle est consciente, dans le cas contraire, elle est inconsciente.

BILAN LESIONNEL

Vous complétez le bilan avant de donner l’alerte.
Déboutonner la veste, desserrer le col, la ceinture.

NE PAS ENLEVER LE CASQUE.

Une fois constatée l’absence de signe de détresse vitale, le bilan est poursuivi. Vous demanderez à la victime si elle se souvient de ce qu’il s’est passé.
Enfin, vous lui demanderez si elle ressent des douleurs au niveau de la colonne vertébrale, de la tête, des membres, de l’abdomen et du thorax.

Dans tous les cas, si la victime n’a pas pu se relever seule, vous la laisserez allongée, immobile, en attendant l’arrivée des secours.

Alerter

Quand ?
Lorsque vous êtes face à une victime.
Dès que possible, mais après analyse rapide et succincte de la situation. C’est à dire après avoir pratiqué un bilan.

Comment ?
Par téléphone.
En informant d’autres concurrents de l’accident : vous leurs dictez votre bilan et leurs demandez de le répétez afin de vous assurer qu’il a été correctement mémorisé.

Qui ?
Le CENTRE 15 si vous êtes en ballade.
La direction de course via le prochain CP ou CH si vous êtes en course.

Que dire ?
Donner son nom, son numéro de course et le numéro de téléphone d’où l’on appelle.
Localisation très précise de l’événement.
Nature du problème.
Appréciation de la GRAVITE de l’état de la victime : son sexe, son âge, conscient ou inconscient, s’est ou ne s’est pas relevé seul et se plaint de…
Premières mesures prises et gestes effectués.
Le message d’alerte achevé, attendre les instructions avant de raccrocher.

Surveillance

Une fois l’alerte donnée, vous resterez auprès du blessé en attendant l’arrivée des secours.
En cas d’évolution de l’état de la victime (exemple : elle devient inconsciente), vous n’hésiterez pas à rappeler le CENTRE 15 ou la direction de course.
Un blessé a toujours froid, couvrez le avec votre veste ou une couverture de survie si vous en avez une dans votre sac.
Elle est peu encombrante, légère et pas chère, elle est au moins aussi indispensable que les colliers RILSAN que nous avons tous dans nos bananes.

Si le sujet peut s’exprimer, il lui sera demandé les maladies qu’il peut avoir et les traitements en cours.
La surveillance porte sur :
- La conscience en parlant à la victime.
- La fréquence ventilatoire : normale chez l’adulte au repos, 12 à 20 mouvements par minute.
- La fréquence du pouls : normale chez l’adulte au repos, 50 à 80 par minute.
- La présence ou l’absence de sueurs.

En cas d’évolution de l’état de la victime avant l’arrivée des secours (exemple : elle devient inconsciente ou la fréquence du pouls augmente), vous n’hésiterez pas à rappeler le CENTRE 15 ou la direction de course.

Conclusion

Cet article traite de la conduite à tenir face à une victime consciente.
Dans le cas d’un sujet inconscient, il existe des manœuvres et des gestes à pratiquer pouvant sauver une vie avant l’arrivée des secours.
Ces derniers s’apprennent dans le cadre de l’Attestation de Formation aux Premiers Secours (AFPS).
Il s’agit d’une formation accessible et recommandée à tout citoyen concerné par autrui.
N’hésitez pas à vous renseigner auprès des sapeurs pompiers de votre ville.

 


 

Les crampes

Jérôme Feuillade, MD AMIS

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.
Revue N° 345, Janvier 2003

Passons sur la description physiologique, une crampe, c'est une satanée contraction spontanée qui fait très mal pendant ou après l'effort.

En moto, elles surviennent surtout au niveau des avant-bras et des cuisses.
Bien sûr, toujours au mauvais moment alors que vous allez franchir cette p... de dune de 40 mètres de haut après 2 heures d'effort !

Comment les éviter ?

Avant l'effort

Pendant l'effort

Et si malgré tout ....

 

Avant l'effort :

Travailler votre position : il faut absolument régler la moto sur votre morphologie en position assise et debout. Un bon compromis Homme-Machine vous permettra d'éviter contractures et crampes et vous fera gagner en efficacité.

Si vous faites régulièrement des crampes d'effort non pathologiques, vous pouvez avoir recours à un petit traitement :

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Pendant l'effort :

C'est un signe d'épuisement important, les crampes ne devraient pas apparaître.
Pour les éviter, quelques conseils :

Apprendre à Respirer

La moto a la particularité de demander des efforts très importants sur de faibles durées qui peuvent s'apparenter à des sprints (anaérobies) multipliés par autant de difficultés que comporte le terrain. Pris par les impératifs techniques, nombreux sont ceux qui oublient de respirer et bloquent leur respiration. En enduro, après chaque virage, vous pouvez avoir une montée difficile ou un bourbier de folie. Donc, s'il est délicat de bien respirer dans la difficulté, il faut s'astreindre à hyperventiller lorsque le terrain le permet. Pour une oxygénation efficace, il faut que l'air inspiré reste le plus longtemps dans les poumons, d'où l'utilité d'inspirer en 2 fois par le nez et expirer également en deux fois par la bouche afin de maintenir le plus longtemps l'air dans les poumons. Pour être plus performant et surtout finir la journée moins épuisé, vous devez penser à prendre un rythme respiratoire qui vous évitera l'asphyxie à la première difficulté ... et l'épuisement à la deuxième.

Apprendre à boire

" Boire avant d'avoir soif " car à partir du moment ou vous avez la sensation de soif, vous êtes déjà partiellement déshydraté et surtout vous avez perdu 30 % de vos capacités physiques. Il est donc impératif de téter un Camel Back en permanence dés les premiers tours de roues sur les épreuves d'enduro ou de Rallye-Raid.

Apprendre à étirer les muscles

En particulier les plus sollicités en les plaçant progressivement en hyper-extension.

Apprendre à manger pendant l'effort

Les rations doivent être hyper-glucidiques, iso-lipidique et hypo-protidiques. Tout cela doit être léger (éviter les grandes tartines de Rillettes d'oie ...) mais fréquemment consommé.

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Si malgré toutes ces recommandations

Si vous souffrez toujours de crampes, vous pouvez avoir recours au traitement. Je vous confie donc ma recette personnelle à consommer avec 0,5 L d'eau gazeuse :

Tout ces médicaments, il faut vous les faire prescrire avant de partir car ils ne sont pas disponibles à la tente médicale.

Après l'effort, le traitement des crampes et surtout celui des récidives se fait par :

Voilà, avec tous ces conseils, j'espère que vous serez moins fatigués au Caire et que vous ne mettrez pas 2 mois à vous en remettre.

 


 


Entorse du pouce

F Tran Van, MD AMIS - Chirurgien orthopédique, CH Amiens -

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.
Revue N° , 2003

 

Qu’est ce que c’est ?

C’est une lésion des ligaments de la base du pouce (articulation de la phalange et du premier métacarpien).

C’est plus souvent le ligament collatéral interne qui est touché.
Il n’y a pas de fracture ou seulement un petit arrachement osseux détaché avec le ligament.

Comment ça arrive ?

C’est un traumatisme fréquent que l’on rencontre principalement chez les skieurs et les motards ...

Le pouce est " tordu " vers l’extérieur de la main, soit parce qu’il est accroché par le guidon, soit parce qu’il s’est planté dans la boue ou dans le sable lors de la chute.

entorse de pouce

Il en résulte un arrachement ou une rupture du ligament de la base du pouce (ligament latéral interne de la métacarpo phalangienne).

Qu’est ce que ça fait ?

Il existe alors une douleur au niveau de la base du pouce.

Mais ce qui est paradoxal c’est que la douleur est moins importante si le ligament est complètement déchiré : le pouce est gonflé, il peut plier et s’étendre mais il est difficile de l’utiliser pour saisir un objet gros et lourd car il se tord.

Pourquoi on en parle ?

Souvent l’accident est négligé parce qu’on croit que c’est un petit bobo et ça se termine par un peu de pommade et une bande.

Cela peut alors entraîner des séquelles car le ligament ne peut pas se réparer tout seul : un tendon vient s’intercaler entre ses deux bouts et il ne peut donc pas cicatriser.

Le pouce est alors laxe ce qui empêche la bonne tenue du guidon, de la poignée d’accélération ou d’un objet lourd (exemple : une bouteille pleine).

Il faut donc consulter un médecin pour que le diagnostic soit porté juste après l’accident (le pouce va franchement de travers si on le tire sur le côté).

On envisage alors une petite opération qui permettra de réparer le ligament simplement et donc de redonner une bonne stabilité au pouce.
Bien sûr, il n’est pas toujours nécessaire d’opérer car le ligament peut simplement être étiré et dans ce cas une immobilisation par un gantelet est suffisante.

L’essentiel est de ne pas passer à côté de l’opération si elle est nécessaire.

Conclusion

Vous l’avez compris, ce petit accident pose des problèmes car il est souvent négligé par le pilote qui ne voit un médecin que secondairement.

En effet, lorsque il n’y a pas de réparation précoce, le traitement est plus compliqué et peut laisser des séquelles.

Alors, consultez si vous avez mal au pouce après une chute !

 


 

Fracture de clavicule

Patrice Biechler, MD AMIS                    Questions fréquentes sur ce sujet

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.
Revue N° 348, Avril 2003

gamelle

La clavicule, tout le monde connait.
C’est l’os qui relie le sternum à l’omoplate.

On pourrait la comparer au bras de suspension d’une moto où l’épaule serait la roue, le bras de suspension la clavicule et le thorax serait le cadre.

Elle assure le seul point fixe entre le membre supérieur et le thorax par l’articulation sterno-claviculaire. C'est dire l'importance de cet os clé.

Mais problème, cet os en forme de S italique résiste mal à la compression et peut casser !

La fracture de la clavicule représente environ 10 % de la pathologie en enduro et sûrement beaucoup plus en cross.

A titre d'exemple, nous en faisons 2 à 5 sur un Trèfle, et très fréquemment en rallye. Cette fracture n'est pas très grave en soi mais elle est synonyme d'abandon sans appel pour le pilote doublé d'un repos forcé de plusieurs semaines.

Le motard se casse la clavicule en tombant directement sur son moignon d’épaule.
Mais aussi indirectement, en chute amortie sur les coudes ou les mains, bras tendus.

Vous n'êtes pas obligé de prendre exemple sur les galipettes de JeF (photo çi-dessus).
Vraiment mauvais pour les clavicules.

Vous apprécierez tout de même le ballet Homme / Machine. Parfait parallélisme des trajectoires !
Cette figure intéressante s'appelle le "coup du Titanic ", ou comment se naufrager dans la boue avec élégance.

Résultats d'une fracture

Les fractures du 1/3 moyen sont les plus fréquentes (75 %). Il peut arriver qu’elle se brise en 2, voir plusieurs endroits.

Les mauvaises fractures (rares)

L’os brisé a troué la peau ou la menace vraiment ce qui transformerait cette fracture simple en fracture ouverte.
La fracture s’est accompagnée de lésion artérielle (la main est froide et il n’y a plus de pouls au poignet) ou nerveuse (paralysie des doigts). En arrière du 1/3 interne de clavicule se trouvent de gros troncs artériels et nerveux. C’est pourquoi ces fractures du 1/3 interne sont réputées plus mauvaises. Elles représentent 5%, mais ne se compliquent évidemment pas toutes.
L’os cassé peut se tourner vers l’intérieur et trouer le poumon qui est en dessous. Cela s’appelle un pneumothorax.

Dans tous ces cas, c'est l'hosto en vitesse ! Le 15 en France ou la logistique course en raid.

Le traitement

Il consiste à maintenir les 2 épaules en arrière ce qui est au mieux réalisé par les “ anneaux en huit “ pendant 4 à 6 semaines. La douleur s’estompe en 1 semaine à 10 jours.

On trouve de ces anneaux dans le commerce, assez confortables. Au cours d’un raid, on peut en bricoler assez facilement avec une chambre à air et des bouts de tissu. Ne comptez pas trop sur le matériel embarqué de l'assistance, il est inconstant qu'elle dispose de ce genre de petit matériel.

Une fois les anneaux posés, le petit jeu n’est pas fini. Il s'agit aussi de les réajuster régulièrement.
Le juste milieu du serrage de ces anneaux est délicat à trouver. Il est quelque part entre le “ pas assez serré ” inefficace pour une bonne immobilisation et le “ trop serré “ source de compression veineuse dans le " creux sous le bras plein de poils " qu'on appelle creux axillaire.

Il faut les garder pendant le sommeil. On peut les enlever pour se doucher en prenant soin de bien maintenir ses épaules en arrière et tombantes. En plus de vous gratter le dos, votre conjoint(e) se fera un plaisir de vous aider à ne pas faire de faux mouvement dans cette situation périlleuse.

Une mobilisation imprudente avant 4 semaines peut être source d'ennuis avec un risque non nul de faire une " pseudarthrose ", c'est à dire que les 2 bouts de la fracture ne se ressoudent pas et fassent une sorte de fausse articulation. Dans ce cas, adieu moto et compétition .... A vous de prendre soin de vous.

En dehors de quelques situations particulières ces fractures ne s’opèrent pas.

Les sportifs de haut niveau sont souvent demandeurs d’opération à la place des anneaux.
De l’avis de la quasi totalité des chirurgiens, cette opération qui consiste à visser une plaque sur la clavicule n’apporte qu’une cicatrice inesthétique, un risque d’infection et un risque de mauvaise consolidation sans aucun bénéfice sur la récupération. En revanche, elle a un intérêt en 2° intention quand, exceptionnellement, la consolidation n’est pas correcte.
Le motard en activité est souvent en bonne santé et ne rencontre que rarement des problèmes de consolidation.

L’évolution peut être émaillée de quelques complications.

Il y a celles dûes aux lésions des artères ou nerfs, à l'ouverture de la fracture à la peau.
On peut voir aussi des retards de consolidation, des cals vicieux, des pseudarthroses et quelques autres ....
 

Heureusement

Dans l’immense majorité des cas une fracture de clavicule est sans aucune conséquence sur le bon fonctionnement de cette région du corps.

Vous avez pourtant compris

que dans tous les cas vous devez bénéficier d’un examen par un toubib et d’un bilan radiologique.

 

 


 

Fracture du scaphoïde de poignet

Denis Latune, MD AMIS - Chirurgien orthopédique, CH Valence -

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.
Revue N° 349, Mai 2003

 

L'os scaphoïde est un des 8 osselets du poignet (appelé carpe en médecine).

La fracture du scaphoïde est la plus fréquente des fractures des os du poignet.

La lésion est la conséquence d'un traumatisme en hyper-extension du poignet (chute à plat main si probable chez les enduristes !).

Les symptômes sont souvent minimes : en cas de méconnaissance de la fracture, le risque fréquent est la non consolidation du scaphoïde et son retentissement sur le poignet avec risque de raideur et de douleur secondaire entraînant un handicap fonctionnel souvent pénible.

Généralement le poignet est enflé et douloureux. A l'examen on trouve une douleur violente lorsque on appuie sur la tabatière anatomique (il s'agit du creux entre deux gros tendons lorsque le pouce est en hyper-extension à la base de la colonne du pouce au pli de flexion du poignet).

La radiographie permet le diagnostic en montrant le trait de fracture.
ATTENTION : parfois la fracture n'est pas visible le premier jour et il faut refaire un examen radiographique 8 à 15 jours après si les douleurs persistent

Il faut différencier cette fracture du scaphoïde des fractures de l'extrémité inférieure du radius et des luxations du poignet : généralement ces lésions sont beaucoup plus douloureuses avec un poignet très enflé entraînant une impotence totale.

La conduite à tenir :

  • En urgence, immobiliser le poignet dans une attelle ! en tout cas ne plus forcer dessus. Bien sûr, si possible, il faut arrêter la course ou la randonnée.
    Le risque, en effet, est un déplacement supplémentaire de la fracture nécessitant parfois une intervention chirurgicale.
  • Puis faire des radiographies pour faire une mise au point précise : soit la fracture est visible, soit elle ne l'est pas.

Si le trait de fracture est bien visible :

  • Pas de déplacement et dans 95% des cas on fait un traitement orthopédique par plâtre.
    Le plus souvent on pose un gantelet plâtré : il s'arrête au coude mais il faut éviter si possible les mouvements type marionnette qui sollicitent le poignet, sont douloureux et retardent un peu la consolidation.
    Mais parfois on met un plâtre qui prend le coude.

Généralement on garde ce gantelet plâtré DEUX à QUATRE mois avec des contrôles radiographiques tous les mois.

En effet ce petit os consolide très difficilement. Il nécessite même parfois après trois à quatre mois d'immobilisation une greffe osseuse pour le faire consolider. On parle alors de pseudarthrose, ce qui veut dire non consolidation de la fracture.

Cette pseudarthrose est la complication la plus fréquente de ces fractures. Si elle n'est pas traitée, cela évolue vers la déstabilisation du poignet et l'arthrose entraînant des douleurs, une raideur et un handicap fonctionnel certain.

  • Si par contre il existe un déplacement de la fracture : alors se discute une intervention chirurgicale.
    Le but est de remettre en place les deux fragments et de les stabiliser le plus souvent par un vissage.
    L'intervention nécessite une hospitalisation de 4 à 5 jours et un plâtre pendant deux à quatre semaines puis de la rééducation.

Si le trait de fracture n'est pas visible :

  • Soit il s'agit d'une simple entorse du poignet.
    Elle est régressive en trois à six semaines avec bandage et légère immobilisation au départ puis anti-inflammatoires et rééducation douce.
  • Soit la fracture n'est pas encore visible à la radiographie et il ne faut pas hésiter à refaire des radiographies 10 à 15 jours après s'il n'y a aucune amélioration.
    Si la radiographie à 15 jours confirme un trait de fracture le traitement est orthopédique avec généralement deux à trois mois de gantelet plâtré.

 


Trousse de secours et Enduro

Martial Delorme, MD AMIS

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.
Revue N° 346, Février 2003

 

Lorsque nous partons rouler, nous sommes tous plus préoccupés par le bien être de notre monture que par celui de notre fragile personne.
Ainsi, notre banane est emplie d’attaches rapides de secours, morceaux de durites et clés variées (essentiellement du 12 ou du 13 selon l’origine de la moto !).

Rares sont ceux d’entre nous qui ménagent ne serait ce qu’une toute petite place dans leur banane ou leur sac à dos pour un nécessaire de premiers secours.

Nous vous proposons un kit léger pas cher et peu encombrant à glisser dans votre banane ou sac à dos.
La majorité du matériel peut être acheté sans ordonnance à deux exceptions ( Anti-inflammatoire et Topalgic). D’autre part, si vous avez des problèmes de santé particuliers : asthme, angor, allergie aux piqûres d’hyménoptères (abeilles, guêpes…), votre médecin de famille sera d’un bon conseil pour vous prescrire les médicaments qui s’imposent et qu’il faudra rajouter à la liste ci dessous.

En premier lieu, avec ou sans trousse, votre atout santé c’est votre téléphone portable qui doit systématiquement vous suivre en balade, même si le réseau n’est pas toujours couvert au fond des ravins où nous jardinons. En cas de problème médical et non mécanique, un seul numéro est à retenir : le 15. Vous aurez au bout du fil un médecin qui engagera les moyens de secours adaptés (pompiers, hélicoptère pour hélitreuillage, SAMU..) et qui vous donnera des conseils en attendant.

La trousse de secours : notre besoin n’est pas de transporter un sac de réanimation à chaque sortie, mais de posséder en permanence le minimum nécessaire rangé dans la banane ou le sac à dos.

Le contenant :
Le moins onéreux et le plus pratique est une boîte plastique semi-rigide de type TUPPERWARE, dont le couvercle est maintenu par un élastique large (chambre à air).

Moyens d’immobilisation :
Les attelles rigides ou gonflables sont lourdes, volumineuses, donc à ne pas emporter.
Nous pouvons en revanche vous recommander l’attelle SAM SPLINT composée d’une mince feuille d’aluminium recouverte de mousse. Sa rigidité est suffisante pour une immobilisation d’urgence, son encombrement et son poids sont réduits.

Une couverture aluminisée de survie :
Indispensable, peu encombrante, légère et pas chère.
Une personne blessée a toujours froid. La couverture de survie vous sera fort utile si vous devez attendre les secours, immobile, assis ou allongé dans un bois ; elle protège également de la pluie.

Compresses stériles 7.5 x 7.5cm emballées par paquet de 5 :
Trois paquets achetés en pharmacie vous permettront de réaliser des pansements protecteurs en cas de coupure, piqûre ou autre abrasion de la peau.

Sparadrap :
Inutile, le chatterton de votre banane fera très bien l’affaire pour maintenir les compresses.

BETADINE  dermique 5% en dosette de 10mL :
Désinfectant iodé « QUITUTOU » trouvé en pharmacie, vous en imprégnerez systématiquement les compresses avant de les appliquer sur une plaie afin de prévenir tout risque d’infection.

Pansement américain stérile 10cm x 15cm :
Vendu également en pharmacie, c’est un pansement absorbant en ouate de cellulose. Il sera utilisé en cas d’hémorragie : appliqué directement sur la plaie, solidement maintenu à l’aide de chatterton ou d’une bande extensible pour stopper l’hémorragie.

Bande Ceheban Thuasne :
Utilisée pour maintenir le pansement compressif décrit ci dessus en cas d’hémorragie.

Paracétamol :
Ayez toujours dans votre banane 1 à 2 grammes de paracétamol (EFFERALGAN, DAFALGAN, DOLIPRANE…) en cas de maux de tête, rage de dents ou autre. Préférez les gélules ou comprimés à avaler plutôt que les effervescents peu pratiques à prendre avec le KAMELBACK !

Anti-inflammatoire :
Par exemple APRANAX 750mg (sur ordonnance) à associer au paracétamol en cas de traumatisme.

Antalgique " majeur " :
En cas de traumatisme plus grave, une fracture de jambe ou une entorse de genou par exemples.
Deux gélules de TOPALGIC 50mg (sur ordonnance) seront bien utiles pour calmer la douleur dans l’attente des secours.

Collyre :
Un flacon de collyre désinfectant de type ANTALYRE. Deux gouttes instillées en cas de projection de poussière ou de traumatisme occasionné par un branche. Ne pas les garder une fois ouvert : il faut en racheter pour la fois suivante.

Conclusion

La trousse de secours décrite ci-dessus est volontairement succincte, c’est le minimum nécessaire.

Vous la personnaliserez en fonction de vos antécédents médicaux, du lieu et de la saison où vous roulez.

 


 

 

Trousse de secours et Raid

Jérôme Feuillade, MD AMIS

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.

 

Partir à l'étranger en moto, c'est le bonheur, le seul problème c'est que le 15 et le 18 ne répondent pas. Il faut donc prévoir un minimum en cas de maladie, traumatisme, chute … Mais voila, comme il est difficile de tout emporter, il faut faire des choix. La première des choses à vérifier, c'est votre assurance qui doit normalement être affiliée a une société de rapatriement. Vous devez vous renseigner sur celle ci : pays d'intervention, type de couverture a l'étranger, numéros de téléphone …. Si vous partez vraiment très loin, et que le pays est limite au niveau médical, un téléphone satellite en location peut vous permettre d'être rapidement en contact avec un médecin de la société de rapatriement qui vous aidera au niveau de la prise en charge de votre blessé. Cependant, ne vous attendez tout de même pas a des miracles, il vous faudra faire un minimum seul en cas de blessure pour conditionner votre blessé.

La trousse de secours est donc indispensable.
Elle va reprendre pour une partie les éléments de la trousse d'enduro décrite par le Dr Delorme dans le N° 346 de Février 2003, à savoir :

- Attelle d'immobilisation SAM SPINT
- Couverture de survie
- Compresses stériles, pansement américain et sparadrap
- Bétadine en dosette
- Bande Coheban Thuasne
- Paracétamol, Anti inflammatoire (Typa Apranax sur Ordonance) et Antalgique majeur type Topalgic sur ordonnance également en cas de grosse douleur.
- Collyre type Biocidan.

A cela il faudra rajouter différents éléments en rapport avec les pathologies des gens du groupe et d'autre part les spécificités du pays de destination.

-                      Pour les personnes très allergiques (Piqûre de guêpe), un kit Anahelp est a prévoir car susceptible d'éviter un Oedème de Quincke.
- Pour la tourista, prévoir du Tiorfan, du Smecta, du Vogalene et de la Noroxine (Disponible sur ordonnance)
- En cas d'infection (Plaie cutanée, angine, Otite, sinusite, pneumopathie) un antibiotique large spectre type Pyostacine pourra faire l'affaire. A cela vous pouvez rajouter une boite de corticoïde (Solupred 20 mg) très efficace pour tous les états inflammatoires ( ORL, Lombalgie, tendinite..)
- Pour la crise d'hémorroïde, bien gênante en moto, prévoir une boite de Daflon et un ou deux tubes de Tretinoïde.
- Pour les coups de soleil : les éviter avec une superbe crème indice 30 au moins pour ne pas consommer votre capital soleil et les traiter avec le bon tube de Biafine.
- Ceux qui souffrent d'herpes labiales devront renforcer la protection solaire avec un stick à lèvre efficace (roc) et un traitement par Zelithrex cp.
- Au niveau ophtalmo, il faudra compléter votre pharmacie avec un collyre cicatrisant type Vitacic (1 gt X 3/j) en de griffure de l'oeil et un collyre antibiotique type Rifamicine en cas d'infection et des pansements occlusifs pour éviter l'inflammation.
- Pour les plaies, je vous conseille de prévoir un kit de suture jetable qui peut s'acheter en pharmacie. Même si la couture vous rebute un peu, le fait d'avoir le matériel permet aux praticiens locaux de travailler !
- En de pizza, plus communément appelée dermabrasion, il vous faudra de l'eau oxygène et de l'eau stérile (eau bouillie si rien d'autre) pour enlever tous les corps étrangers, de la pommade betadiné, du tulle gras et des grandes compresses.

En cas de coup dur, je pense qu'il faut prévoir un nécessaire a perfusion (cathéters, tubulures) avec 2 litres de solution salée isotonique et 2 solutés de remplissage type Voluven°. Même si vous etes incapable de poser une voie veineuse, le fait d'avoir son matériel permet un gain de temps précieux car le plus souvent le matériel fait cruellement défaut a l'étranger.Voilà, avec tout cela vous êtes parés, bon voyage !

 

 

Plein le dos du mal aux reins

Martial Delorme, MD AMIS                    Questions fréquentes sur ce sujet

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.
Revue N° 347, Mars

 

Première partie : pourquoi et comment ?

Plus de 60% de la population aura un jour mal au dos dans sa vie.
Nous qui pratiquons la moto tout terrain avons toutes les chances d'être dans le peloton de tête !

  • Qu'est ce que la colonne vertébrale ?

L'être humain fait partie des vertébrés, nous possédons 24 vertèbres ( 7 cervicales, 12 dorsales et 5 lombaires ) qui forment un tuteur nous permettant de tenir debout. C'est justement parce que nous nous tenons sur nos pattes arrières que nous souffrons du dos, principalement des lombaires qui supportent presque tout le poids du corps.
Les vertèbres sont empilées les une sur les autres et s'articulent en avant au niveau des corps vertébraux entre lesquels sont interposés les disques.
Ces derniers se comportent comme des silent-bloc donnant du ressort à la colonne vertébrale et permettant d'amortir les chocs. En arrière, les vertèbres sont réunies par leurs articulations postérieures faites de cartilage et de ligaments.
Le tout est solidement arrimé par les muscles paravertébraux : fléchisseurs en avant et extenseurs en arrière.

  • Pourquoi avons nous mal au dos ?

Le mal au dos est schématiquement du à une contracture musculaire, à une usure des disques ou des surfaces articulaires postérieures.
Ou à cause de ces trois facteurs associés.

La lombalgie aiguë ou lumbago : contracture musculaire.

La cause du lumbago est une contracture musculaire intense et douloureuse.
Le siège de la douleur est lombaire, sans descendre en dessous des fesses.
Le début est brutal, à l'occasion d'un faux mouvement, d'un effort intense ou d'un traumatisme.
Parfois la douleur n'est pas immédiate, mais le lendemain d'une virée à moto, au saut du lit, on est totalement bloqué, sans pouvoir mettre un pied devant l'autre.
Dans la plupart des cas, grâce à un traitement adéquat, les symptômes disparaissent en quelques jours.

La sciatique : conflit entre le disque et une racine du nerf sciatique.

Le disque, silent-bloc surmené au cours de compressions et de décompressions répétées, fait hernie en arrière et entre en conflit avec une des racines du nerf sciatique. Les deux disques intéressés sont ceux intercalés entre L4-L5 ou L5-S1.
La lombalgie est associée à une souffrance du nerf qui induit un douleur descendant dans la jambe, le long du trajet du nerf, jusqu'au pied. La douleur augmente à la toux, aux toilettes !

La lombalgie chronique

Douleur et gêne persistent durant plusieurs mois.
En général modérées, augmentées par l'effort et calmées par le repos.
Elle est due soit à une hernie discale chronique, soit à de l'arthrose (usure des cartilages) des articulations postérieures.
Parfois aux deux.

Seconde partie : les solutions

Le mois dernier, notre rubrique " allo docteur " de la revue Moto Verte a exposé les trois grandes causes de lombalgies.
Notre seconde et dernière partie concernant le mal au dos donne les solutions pour rouler sans être empoisonné par notre colonne vertébrale.

La prévention

Elle est essentielle, ne dit-on pas : " prévenir c'est guérir " ?

  • Réglages de la moto

Des réglages adaptés de la machine permettent de rouler debout ( ce sont les jambes qui jouent le rôle d'amortisseur et non le dos ) sans être plié en deux sur le guidon.
Encore une fois la hauteur du cintre du guidon et le réglage des leviers sont fondamentaux.

  • Ceinture de contention lombaire

Différentes études l'ont démontré, porter une ceinture en tout terrain ne peut qu'apporter bonheur, sérénité et sécurité à notre dos. L'effet de la ceinture est double :

- Tuteur au niveau des vertèbres et rappel à l'ordre vis à vis des muscles.
- Sécurité, en cas de chute, le rôle protecteur de la ceinture n'est pas à négliger.

Les accessoiristes motos proposent de nombreux modèles, de conception plutôt orientée vers la protection contre les chocs que sur les effets médicaux.
Nous préférons vous recommander les ceintures prescrites par votre médecin et vendues en pharmacie. La société THUASNE propose différents modèles selon l'activité. Elles sont remboursées par la Sécurité Sociale.

  • Hygiène de vie

Le sport ne peut qu'être bénéfique pour le dos. Des activités telles que la natation et la musculation permettent d'obtenir une harmonie et un excellent équilibre musculaires.
Ajoutons que l'excès de poids favorise les problèmes au niveau du dos.

Et si malgré tous ces conseils vous souffrez du dos ?

  • Traitements médicamenteux

Il seront prescrits par votre toubib préféré. Quelques soient le type et l'origine de la lombalgie, les différents traitements associent en général desantalgiques, des anti-inflammatoires et des décontracturants musculaires.
Les " cures " d'anti-inflammatoires durent 8 à 10 jours à l'occasion des épisodes aigus.

  • La kinésithérapie

Elle a une place fondamentale dans la prise en charge des lombalgies.
D'abord parce que les séances de kiné soulagent la douleur à court terme.
Ensuite et surtout parce que votre kinésithérapeute saura vous éduquer avec des exercices et des gestes préventifs qui permettront d'éviter les récidives.
La kinésithérapie a trois objectifs :

Calmer la douleur : massages, électrothérapie, balnéothérapie.
Gagner en mobilité : massages, étirements musculaires actifs.
Gagner en force musculaire, surtout au niveau des muscles extenseurs : électrostimulation, exercices physiques.

Pour obtenir le bénéfice maximum de la kinésithérapie, vous devez vous impliquer dans votre propre rééducation : maintenir votre activité et compléter votre programme de rééducation en suivant les conseils et les techniques de protection de la colonne vertébrale qui vous ont été donnés.

  • La chirurgie

Elle se limite aux sciatiques récidivantes, invalidantes malgré les traitements médicamenteux et la kinésithérapie ( seulement 5% des cas ). Le chirurgien procède à un curage postérieur de la hernie discale.

Dans certains cas, une alternative à la chirurgie est représentée par l'injection " in situ " d'une enzyme qui va digérer le disque et la hernie.

 

 

 

 

 

La Tourista ou maladie des mains sales

Patrick Müller, MD AMIS     (dit crâne lisse)

                                 " La tourista n'épargne pas Indiana Jones "

 

Il a quitté Paris heureux.

Il est prêt à surfer les dunes les plus hautes en dérives de folie, les deux pieds sur les cales-pieds ... guidonnage, contrebraquage, sable mou et saignées, Gps et étoile du berger.     Wouah ouap !

Prêt à refaire le monde en partageant un thé à la menthe et une camel avec les bergers qui viendront admirer sa moto au pieds de la petite mare d’eau, à l’ombre des ces 3 palmiers, idyllique endroit.
Il a soif ... Oasis, Oasis !

Il va se retrouver le cul à l’air, en plein vent de sable, le ventre noué par les spasmes.
Epuisé à l’idée d’avoir à relever cette putain de moto que le vent a fait tomber en plein dans les déjections de ses vomissements.

Il va pourrir sa mère qui n’a mis dans le sac à dos QUE 3 rouleaux de PQ.
Heureusement il lui reste un vieux T-shirt de moto protégé du sable : il fera l’affaire ... pour cette fois.

Il a attrapé la tourista !

Pathologie banale dans la grande majorité des cas, qui touche nos pauvres organismes occidentaux très (trop) protégés des microbes.

Impitoyables statistiques, plus il fait chaud, plus vous êtes jeunes, riches, plus vous cherchez à vous rapprocher des autochtones.
Bref, plus vous vous comportez comme le raider moto que vous êtes tous et plus vous risquez cette maladie.

Elle porte de doux noms poétiques : la course de rome, la course de tokyo, la course turque, la course du voyageur, la bali-bali, la danse aztèque, le galop grec, le ventre égyptien, les boyaux d’aden, la complainte de l’été, le vomi cakar.

Et ne cherchez pas à la contourner en roulant propre : tous les pays ou il est sympa de rouler à moto sont concernés.
Là ou il n’y a ni béton, ni goudron, il y a la tourista.
Avec un soupçon de réserve toutefois ... il reste l’Alaska ... mais il y a des ours blancs.

Afrique, Amérique du sud, Moyen et Extrême orient, Inde .... à part les Etats Unis, le Canada, l’Australie et l’Europe occidentale du nord difficile d’y échapper.

En quelques heures, une chappe de plomb vous tombe sur le dos.
Les bottes sont lourdes, mal au ventre, fatigue, transpiration, nausées et finalement une impérieuse envie d’aller aux toilettes, parfois de vomir egalement.

Des selles très liquides !!! 3 à 10 par jour et toujours ces spasmes dans le ventre. Vous n’avez qu’une envie : vous poser en chien de fusil et ne plus bouger.

Et cette fatigue qui vous empêche d’agir. Le simple fait de penser à kicker votre moto vous épuise par avance. Mais je fais quoi ici ... c’est quand qu’on rentre ????

Rassurez le, en 3 à 5 jours il sera sur pieds, avec qq kg de moins, et prêt à attaquer de plus belle.

Que faire ???

Traitement préventif : que faire pour éviter d'être malade ?

La tourista est en fait une réaction de notre organisme au contact d’un microbe.
Si le plus souvent il s’agit d’un colibacille, on retrouve aussi parfois des salmonelles, des gardiases, des shigelles, et un rotavirus dans 10% des cas. Tous ces microbes sont des germes à élimination digestive. Il faut donc s’en protéger par une hygiène très rigoureuse.
C’est ce que l’on appelle le péril fécal ou la maladie des mains sales.

Alors bien sûr, la médecine a une réponse standardisée très efficace :

  • Se laver les mains après chaque contact ; ne boire que des boissons provenant d’une bouteille encapsulée vierge ; ne pas manger de fruits crus non pelés (sauf si pelés par vous) ; avec des mains propres ; pas de glaces ni de glaçons ; manger très cuit, jamais de crudités ; éviter viandes et poissons pas assez cuits à l’intérieur ; manger plutôt des légumes et surtout du riz. Se brosser les dents puis se rincer avec de l’eau en bouteille ....
  • Excellents conseils totalement applicables par le tourisme de luxe se déplacant en car climatisé d’un Hilton à l’autre et ne touchant les habitants que du bout de son Nikon , et encore, avec un télé-objectif. Le raider motard qui va s’arrêter sur la place de ce petit village pittoresque, goutter les figues bien mûres que ce gamin lui offrira toutes ouvertes, et se désalterera à cette fontaine si tentante, aura bien du mal à éviter la contamination par ces germes.

Alors que faire ?

  • Essayer de passer entre les gouttes en adaptant les règles hygiéno-diététiques à nos habitudes de motard,
  • Eviter de laisser trainer vos mains partout, de tout toucher,
  • Fuir les endroits plein de mouches et les toilettes des lieux publics,
  • Ne pas boire n’importe ou et n’importe quoi , on trouve (hélas) du Coca-Cola partout, et l’on peut utiliser les petits sachets de lingettes, désinfectantes qui ne prennent pas de place dans la poche,
  • Ne manger ni fruits cru ni crudités. Les fruits seront pelés après nettoyage a la lingette,
  • On mangera des plats locaux très cuits, du poulet de préférence à la viande, avec du pain,
  • Si possible, amener un jeu de couvert de camping que l’on sortira discrètement au restaurant,
  • Bien entendu, pas de glaçon, on boit à la bouteille, et pas de crème glacée, les laitages sont de merveilleux bouillons de culture,
  • En cas de petite faim, des barres énergetiques à partager avec un gamin feront très bien l’affaire pour pouvoir refuser le fruit suspect que l’on vous propose sans pour autant offenser.

En théorie, des études montrent que l’on pourrait éviter la tourista en prenant certains antibiotiques à titre préventif :
c’est la chimioprophylaxie, mais les médecins vont vous le déconseiller pour 3 raisons :

  • la mauvaise tolérance des médicaments (nausées et mal au ventre)
  • les effets secondaires dangereux (photo-sensibilisation au soleil et risque de rupture tendineuse)
  • enfin, en pratiquant ainsi les microbes vont devenir résistants aux antibiotiques.

Néanmoins, dans certains cas rares et contextes précis (court séjour, épidemie, tout un groupe malade sauf vous, ) et avec un accord médical, on peut envisager la mise sous antibiotique préventive.
Une cycline, du Bactrim ou mieux une quinolone pourront alors être choisi en vous méfiant des effets secondaires (garder son casque et ses gants pour se protéger du soleil et de la lumière) et en ajoutant un pansement gastrique pour les maux d’estomac qui vont sans doute apparaître.

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Traitement curatif : comment vous soigner si vous l'avez attrapée.

Le principal danger de la tourista est la déshydratation.
Entre vomissements, selles liquides et transpiration, on risque alors une chute de tension et une perte de connaissance.

Sans commune mesure avec la très grave déshydratation du choléra, la déshydratation de la tourista doit etre traitée : il faut boire et boire encore.

Et là, à chacun sa recette :

  • Le classique coca-cola qui apporte de l'eau et du sucre,
  • Le thé ou mieux encore,
  • Le riz blanc avec son eau de cuisson ; ce liquide visqueux riche en amidon, que l'on pourra saler légèrement fera merveille.

C'est pour cela que je préconise de mettre dans le sac à dos des sachets de riz à cuisson rapide, boire cette soupe de riz 3 fois par jour.
Avec 1 litre de coca et du thé, il est facile de se nourrir et d'assimiler au moins 3 litres de liquide par jour.

Une bonne hydratation et du repos sont médicalement suffisants. Tout va rentrer spontanément dans l'ordre en 3 à 5 jours.

On peut ajouter un peu de paracétamol en cas de fièvre et du Tiorfan si le diarrhée persiste.
Les antiseptiques intestinaux type Ercefuryl , très utilisés, n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité. Les médecins ne les conseillent donc pas.

Mais pour les ''roule toujours'' ou sur un rallye ou il est parfois difficile voire impossible de lâcher le groupe, je reste alors partisan, dans ce contexte, d'un traitement relativement incisif, pendant 3 jours. Vous ne ferez pas le meilleur temps, vous subirez le terrain mais vous pourrez rester au sein du groupe.

Traitement spécial compétition :  ''roule toujours '' pendant 3 jours :

  • Un pansement gastrique chaque 2 h
  • Un anti-diarrhéique type Tiorfan 3 fois/jour
  • Un antibiotique type Quinolone, 2 fois/jour (Faites vous conseiller ...)
  • Un antispasmodique puissant (personnellement je me fais faire une intraveineuse de Viscéralgine 1/2 à 1/4 d'heure avant le départ) très efficace contre les spasmes intestinaux qui vous coupent en deux
  • 2 cp de paracétamol chaque 6 H en cas de température

Ce traitement sera prescrit par le médecin du rallye ou avec l'accord de votre médecin avant de partir.
Cela paraît très simple mais ne jouez pas à l'apprenti sorcier ; prenez un avis médical si vous voulez absolument vous traiter pour continuer à rouler.

Bonne bourre et attention aux microbes et saignées qui font chuter !

(En savoir plus sur la tourista)

 


 

L'enduro en vétéran

Dr Didier Clerc - Médecin Vétéran

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.

 

Les 30 ans de MV

Ils sont l'occasion d'évoquer les problèmes spécifiques que peuvent rencontrer des verts toujours verts .. mettant encore du bon gaz. Souvent peu soucieux de diététique, d'entrainement ou de prévention, ils sont donc candidats à des accidents cardiaques lors d'effort violent et/ou prolongé (grimpette bien chère, extraction de bourbier, stress de la spéciale en ligne, longue journée d'enduro en conditions difficiles).

On ne parle pas de vétérans entrainés comme Méoni, Sala, Weil et consorts, ni de séniors de choc comme H.Scheck atteint par la limite d'âge à 70 ans, mais bien de toi : Lucien Crapoutot, enduriste loisir de base, la cinquantaine grassouillette, au boulot la semaine, plus porté sur le saucisson-nutella que les blettes à l'eau et qui apprécie autant la petite bourre dominicale dans les chemins, en respectant mère Nature bien sûr, que le p'tit vin blanc de midi arrosant les diots.

Pendant que les 450 TT dernier cri cliquètent de bonheur devant l'auberge, ton pote Raymond lance : cette année, les gars, on se fait l'enduro de ligue de Trifouilly (une classique) si on arrive à s'inscrire et on finit avec l'Enduro du Limousin !

Si vous ressemblez plus à Lucien qu'à Esquirol, ces quelques conseils sont pour vous :

Le moulin :
Hors accident ou déshydratation, des décès surviennent régulièrement lors de la pratique de notre sport favori.
Le risque de mort subite avant 40 ans dans la population générale est estimé à 1 décès/100.000/an et triple chez le sportif car l'effort a un rôle révélateur des pathologies cardiaques passées inaperçues jusque là. Une fois sur deux, la mort est précédée de signes qui aurait pu alerter le patient.

Après 40 ans, le risque augmente mais est plus en rapport avec une insuffisance aigue d'irrigation du muscle cardiaque("l'infarctus") et là les causes favorisantes sont le diabète (trop de sucre dans le sang), l'hypercholestérolémie(trop de graisses), l'hypertension artérielle (trop de pression dans la tuyauterie), la sédentarité et le tabac. D'autant plus traitres qu'elles évoluent silencieusement.

Le test de Ruffier (les 30 flexions que vous fait faire, dans le meilleur des cas, le toubib à la signature de la licence), n'est rien par rapport aux contraintes d'un enduro.
Si vous avez des facteurs de risque familiaux, si vous reprenez le sport après une période d'arrêt, si vous fumez, si vous êtes en surpoids, si vous avez plus de 45 ans, si vous avez eu des signes inhabituels à la dernière galère (douleur dans la poitrine bien sûr mais aussi sueurs, malaises, fatigue anormale, douleurs abdominales, etc ..), faites une prise de sang et un bilan cardiaque(échographie ,électrocardiogramme d'effort, holter rythmique).
En cas d'anomalie, vous n'êtes pas contraints à l'arrêt de la moto et moyennant suivi médical, diététique et traitement vous partirez l'esprit tranquille dans les chemins creux.
Si vous fumez encore (!), arrétez et payez vous l'option fourche Ohlins dont vous avez toujours rêvé : c'est le même prix /an et bien meilleur à la santé!

Après le moteur, le chassis :
- Le modèle Lucien n'étant plus fabriqué, on peut pas changer les pièces d'usure et il faut faire avec.
- En vieillissant, on perds en vivacité, en puissance pure, en réflexes, en souplesse.
- La mise en route est plus longue et la vue baisse (et y'a pas que çà, dit la grosse Lulu en rigolant comme une baleine) mais le pilotage et l'endurance sont peu touchés et on gagne en expérience.

Les règles classiques sont encore plus de mise : échauffement, alimentation équilibrée sans trop d'apport protéiques, hydratation, assouplissement , sommeil de qualité et de durée suffisante (le portefeuille s'épaississant proportionellement au tour de taille, payez vous l'hôtel au lieu de dormir dans le coffre de la pigeot).

Les articulations, les muscles et tendons ont le même âge que le bonhomme et ont déjà souvent bien donné : tendinites, limitations d'amplitude post traumatiques ou au contraire laxités. Là, c'est au coup par coup selon l'historique du bonhomme : strapping préventif, chevillière, genouillière plus ou moins sophistiquée, ceinture lombaire (préférer un modèle médical moins inlook mais offrant plus de maintien) correction visuelle.

Les vieilles douleurs handicapantes pourront être prévenues par l'utilisation raisonnée d'antalgiques non sédatifs (paracétamol à 3gr /j) et/ou d'anti-inflammatoires dernière génération bien tolérés au niveau gastrique type Célébrex°, Viox°).
Ceci n'est pas du dopage et n'améliore aucunement les performances mais permet de rouler dans des conditions correctes.

En cas de tendinite rebelle, le seul traitement efficace est souvent la cortisone mais il s'agit là d'un produit inscrit sur la liste des produits dopants.
A proscrire donc d'autant qu'elle a un effet excitant qui peut vous faire rouler au dessus de vos pompes et générer un sur-risque d'accident.
Voilà et même s'il ne fait pas bon devenir vieux, on peut toujours rouler moyennant quelques précautions et en adaptant ses objectifs à ses capacités du moment

A+ dans les chemins
Dr Didier"still alive"Clerc

PS : nous manquons de place pour parler de la pose préventive de Back Camel chez les les hurricane papa prostatiques en retard au ch.

 


 

Les lésions de la coiffe des rotateurs

Dr Denis Latune, Orthopédiste AMIS

LES LESIONS DE LA COIFFE DES ROTATEURS
(ou tendinite, tendinopathie, périarthrite)

C’est quoi ça , ??!

C’est le gars qui bloque sa roue avant dans un virage, tombe sur l’épaule, (ou sur la main tendue) relève sa moto, repart, puis au fil de la journée ressent des douleurs de plus en plus importantes qui se précisent franchement la nuit.
Au bout de 3 ou 4 mois il a toujours mal ; il a vu son médecin, son kiné, son ostéo, on lui a parlé de tendinite ..
Malgré tout ça dés qu’il force vers le haut ou latéralement, en décollant le coude du corps, il ressent une douleur qui part du haut de l’épaule et descend vers le bas en avant ou en arrière.

Pourtant les radios sont normales et ont permis d’éliminer 3 grosses lésions traumatiques de l’épaule :

1.       la luxation : épaule déboîtée qui de toute façon entraîne une impotence complète tant qu’elle n’est pas remise en place.

2. Les fractures : de l'extrémité supérieur de l’humérus (dont le trochiter = une partie de l’extrémité sup de l’humérus), de la clavicule ,de l’omoplate( dont l'acromion = une partie de l'omoplate ).

3.       La disjonction acromio-claviculaire = instabilité entre la clavicule et l’acromion(= partie ou s'articule la clavicule avec l'omoplate )
On fait alors un scanner ou une IRM qui fait suspecter l'atteinte de la coiffe des rotateurs !
Jamais en urgence !!! svp - Attendre un peu l’amélioration spontanée toujours possible ; merci pour la sécu !

Un peu d'anatomie :

Sous le gros muscle deltoïde (qui fait le relief de l’épaule) existent les 4 petits muscles et tendons (sus-épineux, sous-épineux, sous-scapulaire , tendon du long biceps) qui constituent cette fameuse coiffe.
En se contractant, ils calent la tête humérale et permettent au deltoïde de faire lever le bras en avant ou latéralement.
Quand cette coiffe fonctionne mal, c’est comme si il y avait du jeux dans la biellette par ex., aboutissant comme en mécanique au mauvais fonctionnement (douleur, perte de force ) et a l’usure progressive de la pièce (inflammation, voir arthrose beaucoup plus tard ).

EN PRATIQUE

En cas de douleur traînante de l’épaule après un traumatisme, si les radios sont négatives ; il peut s’agir d’une lésion de la coiffe des rotateurs :

·         Il faut s’armer de patience : l’évolution est généralement longue de 1 a 6 mois !!

·         Commencer par les médicaments antalgiques, anti-inflammatoires, continuer par la kiné si il n y a aucun progrès au bout de 3 a 4 mois

·         Confirmer la lésion : en général IRM ou arthro scanner qui détectera ou non (simple tendinite alors) une déchirure.
Celle ci peut nécessiter parfois une opération : il n y a pas d'urgence !
Un délais de quelques semaines entre le trauma et l’opération n’est pas grave.

·         Dans tous les cas :
- ne pas forcer l’épaule,
- éviter tous les mouvements qui provoquent la douleur (même chez le kiné)
- protéger son épaule en forçant uniquement quand le coude est plaqué le long du corps.

Par contre la tenue du guidon de la moto qui se fait pratiquement les bras le long du corps sollicite peu cette coiffe et donc aggrave théoriquement peu la lésion.
Encore ne faut il pas retomber sur le membre blessé et ne pas avoir à relever la moto !

Dr Denis LATUNE
Chirurgien ortho AMIS

Les problèmes oculaires

Dominique Albouy, MD AMIS, Ophtalmo

 

Lorsque les conditions météo mettent à mal l’étanchéité ou la transparence des lunettes en enduro, tout ça malgré le rajout d’appendices susceptibles d’en prolonger l’efficacité (roll-of , tire-of , cougloff) , les derniers remparts qui vous restent afin de protéger l’œil sont : la paupière (mais si on s’en serre, on voit plus rien), la conjonctive et la cornée.

La conjonctive est une fine membrane transparente qui recouvre la surface du globe oculaire ; elle se blesse facilement mais elle se répare facilement pour peu qu’on y prenne garde : c’est la conjonctivite, ça pique, ça brûle, ça pleure, et ça fait mal.

Juste en dessous, c’est la cornée, une espèce de lentille qui avec le cristallin joue un grand rôle dans la perception des images (comme dans un appareil photo, quoi). Une atteinte de cette lentille : c’est la kératite (comme la conjonctivite, en rouge, et en plus, on y voit moins).
Sans précaution et traitement adapté, l’ulcère de la cornée est l’évolution pouvant conduire à des conséquences hypothéquant l’avenir oculaire.



Il existe deux principaux mécanismes d’atteinte conjonctivale :
- Cause solaire, par les ultra-violets, sur la neige ou sur le sable.
- Cause mécanique : les gravelles, poussières, sables, boues, caillasses, brins d’herbe, scories, et autres étrons.
C’est le cas le plus fréquent dans nos contrées.

Le traitement fait appel à un lavage soigneux à grande eau faute de sérum physiologique ou de lotion spécifique, puis en fonction de l’atteinte à un traitement par collyre ou pommade ophtalmique, avec ou sans occlusion oculaire.
Dans les cas sévères un avis ophtalmologiste sera rapidement demandé.

Le premier examen sur place utilise la fluorescéine associée à une lampe à UV servant de révélateur des lésions initiales, éventuellement après anesthésie locale.

Les moyens préventifs sont à mettre en œuvre dès que les conditions générales exposent à un risque :
- Soleil : écran anti UV
- Poussière, sable boue : lunettes à écrans multiples.
- Conditions extrêmes : lunettes avec grillage à fromage (attention les mouches !)

Une dernière possibilité est représentée par la lentille souple traitée anti-UV, non correctrice, utilisable 30 jours, non remboursée par la SS, vendue par lots de 60 éléments. On peut se les procurer chez les opticiens non sans avoir demandé un avis ophtalmologique antérieurement.
Un essai étant nécessaire avant port prolongé. (Ex : PRECISION UV °)

Dans tous les cas d’atteinte ophtalmique, la prudence est de rigueur, et l’accès au spécialiste est à envisager sans délai.

Enfin si vous croisez un enduriste aux yeux rouges porteurs de grandes oreilles : c’est pas la conjonctivite, mais la myxomatose !

 

 

 


 

Dermatologie, raid et enduro

Marie Luce Feuillade, Dermato AMIS - Haute-Savoie

Article publié dans la revue "Moto Verte" dans la rubrique "Allo Doc", mensuelle.

 

Traumatisme, infections, allergies ... quelques problèmes spécifiques à la pratique moto en enduro ou rallye raid.

Dermabrasions et petites plaies cutanées
Le mieux est d’éviter les chutes … Sinon commencer par désinfecter +++ (biseptine par exemple) puis pansement avec fucidine pommade pendant 5 j. Fin de cicatrisation avec pommade cicatrisante type " Cicalfate " (sur le visage surtout, afin d’éviter les cicatrices persistantes).
Pour éviter l’inconfort d’un pansement qui plisse sous les protections lorsque vous roulez : possibilité d’utiliser un pansement type " Duoderm extramince " recouvert d’une bande autofixante type " Elastogripp " ou " Velpogripp ". La protection solaire est fortement conseillée lorsque la croûte tombe sur les zones découvertes (indice 60) à moins que vous ne préfériez les cicatrices hyperpigmentées à vie …
Antiseptiques et antibiotiques locaux (type fucidine crème ou pommade ) sont indispensables en Afrique : une simple égratignure mal soignée peut rapidement devenir une grave cellulite et là adieu raid ou rallye …
Dans tous les cas pensez à vos rappels de vaccination antitétanique tous les dix ans (sans cette protection la maladie est constamment mortelle, une simple égratignure suffit …)

Herpès
Les facteurs de déclenchement  sont le soleil, le froid, la fatigue
Les petits moyens peuvent rester à portée de main dans une banane : Stick labial antisolaire (ex : " Photherpes ")," rhus toxidendron 9 CH " : 3 granules 3 fois/ j pendant 5 j et " Zovirax crème " 5 fois/ j pendant 5 j dès les premiers symptômes (brûlures et picotement de la lèvre). Ils sont le plus souvent amplement suffisants.
Si les petits moyens ne marchent pas : " Zovirax *cp " 5 cp /j pendant 5 j à prendre dès le début de la crise, sinon c’est inutile
Si les récidives sont systématiques et les petits moyens inefficaces, possibilité d’une prévention par " Zovirax cp* " 2 cp /j ou " Zelitrex cp *" 1 cp /j pendant la durée du séjour ou de la course.

Allergie à l’huile deux temps
Sous forme d’eczéma ou de petits boutons rouges qui démangent énormément. Atteinte des zones découvertes, exposées à la poussière qui s’imbibe de gouttelettes d’huile d’échappement. Localisation : principalement au niveau du menton, du cou, et de petites zones au niveau des poignets. Une fois sensibilisé la récidive au moindre contact est incontournable.
Comment diminuer les risques de contact : ne pas rouler sur un deux temps, ne pas rouler dans la poussière des deux temps, nettoyer tous les soirs la poussière de l’intérieur du casque, au niveau de la mentonnière surtout, nettoyer le col de la veste, mettre un maillot, un foulard propre chaque jour au contact de ces zones …
Pour calmer une crise : Les dermocorticoïdes sont les seules solutions (" Diprosone crème* " ou " Locapred crème* ") 1 fois/ j pdt 10 j puis arrêt.
Attention si une crise d’herpès survient dans le même temps, sur deux sites voisins, un traitement par " Zovirax comprimés* " devient obligatoire (risque d’aggravation de l’allergie cutanée sous forme de lésions nécrotiques très disgracieuses)

Frottements
Utiliser du matériel adapté, à la bonne taille, pour les genouillères surtout. Choisir les gants avec le moins de coutures possible afin d’ éviter les ampoules (et surtout monter des poignées mousses pour l’Afrique). Le talc peut également être utile dans les gants.
Pour le rallye raid, éviter le matériel neuf notamment pour les bottes ; sinon prévoir une bombe assouplissante pour le cuir. Cette dernière est également très utile si le cuir se durcit après un trempage intempestif dans un gué.
Si malgré toutes ces précautions vous souffrez au niveau de points de frottements ou d’échauffements : la vaseline, la crème antifrottement des laboratoires de podologie appliquée, le " Cicalfate " peuvent calmer les choses.
Lorsque la peau est entamée il faut se référer aux soins des dermabrasions ci dessus.

Hémorroïdes
Elles sont facilitées par la chaleur, la position assise prolongée, la constipation, la nourriture épicée. Les traitements locaux ne sont pas toujours suffisants mais ils soulagent : exemple : " Préparation H ". Un veinotonique type " Ginkor F cp " (6/ j pdt 4 j avec un anti-inflammatoire comme le " Nifluril gelules* " (2 gel/j pdt 4 j) permettent de mieux calmer une crise hémorroïdaire.

Mycoses
Les champignons adorent les milieux chauds et humides : la transpiration dans les bottes fermées constitue un milieu idéal. La prévention est plus facile si on peut prendre une douche tous les soirs avec séchage soigneux entre les orteils (idéal avec un sèche cheveux).
En rallye raid ce n’est pas la même chose. Si on a une tendance naturelle à faire ce type de pathologie, mieux vaut saupoudrer quotidiennement l’intérieur des bottes et des chaussettes propres en coton, avec une poudre antifongique (ex : " Mycoster ou Fonx poudre "). En cas d’apparition de fissures et de démangeaisons au fond des plis interdigitaux, utiliser une crème antifongique (ex : " Mycoster crème ou lamisil crème ")

Bourbouille ou sudamina
Survient essentiellement après une transpiration excessive avec des gouttes de sueurs qui restent trappées sous la couche cornée. (pieds, cou, dos) Cela se manifeste par des petits boutons rouges qui démangent beaucoup. Le rafraîchissement est une bonne solution mais l’utilisation de dermocorticoïdes est parfois incontournable pour soulager le prurit.

Crevasses des mains
Pour les éviter : bricoler le plus possible avec des gants vinyle ou latex (si pas d’allergie). Sinon utiliser des crèmes barrière résistant modérément à l’eau : ex : " Barriederm d’Uriage " ou des crèmes réparatrices pour les crevasses : " Cicalfate ou Bepanthene ".

Protection solaire (pas seulement en Afrique)
Utile pour éviter les cancers cutanés (qui n’arrivent pas qu’aux autres). Minimum indice 20, pas de maximum, idéal indice 60 qui existe en émulsion : il n’est pas gras et ne fait pas blanc sur la peau (ex : " Avene 60 émulsion " ou " Photoderm100 fluide "). A part quelques rares cas comme Alain D., nous ne sommes que des blancs, donc inadaptés à l’exposition solaire, alors pensez-y pour vos activités sportives (footing, vélo, moto même si le casque protège un peu du soleil ) …

NB : les spécialités suivies d’une* ne se délivrent qu’en pharmacie sur préscription médicale que vous demanderez hors nomenclature à votre médecin

 


 

 

Conseils pour l'Afrique

Martial Delorme, MD AMIS

 

 

C’est l’été, nous rêvons tous d’aller tâter d’exotisme dans des pays où il fait encore plus chaud que chez nous. Les destinations sont nombreuses, celle qui nous fait le plus rêver, c’est l’Afrique. En raid ou en rallye, voici des conseils pour éviter que notre santé se dégrade au soleil.

Que faire face au soleil ?

Harnachés tels le chevalier BAYARD, les zones exposées aux rayons du beau blond sont limitées. Il s’agit principalement de la nuque. Protégez la à l’aide d’une crème solaire écran total. Certains rallymens ou raiders roulent avec un bandana autour du cou. Ce dernier vous protègera du soleil. Il peut aussi être source d’irritation cutanée lorsque votre sueur mélangée à la poussière se transformera en une pâte à rôdée redoutable pour votre épiderme.

Si vous avez la chance de rouler en Afrique, vous aurez peut être également la malchance de devoir vous arrêter dans les dunes ou sur le bord de la piste pour une petite partie de mécanique. Avant le départ, choisissez des vêtements clairs, souvenez vous du numéro 100, Hubert AURIOL, traversant le Ténéré tout de blanc vêtu.

Même chose pour votre casque, l’idéal est le blanc. En cas de panne, sauf si la séance de mécanique se prolonge, gardez votre casque sur la tête (il protège des U.V. et son polystirène est un excellent isolant thermique ). Le luxe est une casquette que vous aurez dans votre sac à dos, prête à être vissée sur la théière au moindre arrêt.
Personnellement, je trouve le chèche porté par les touristes visitant Xsar Ghilane entassés à 12 dans des TOY’ un peu complexe d’utilisation.

Les dermabrasions (irritations cutanées)

Durant un raid ou un rallye, nous sommes amenés à passer entre 6 et 8 heures sur nos machines pendant une semaine voir plus.
Les rougeurs et irritations apparaissent en général le 3° jour :

- Aux genoux, parfois également aux mamelons. Dus au frottement de nos genouillères et de nos plastrons de protection. Le remède miracle est le pansement hydrocolloïde ( COMFEEL par exemple ) acheté en pharmacie : présenté en plaques de différentes dimensions, il est appliqué sur les zones exposées. D’une épaisseur de un à trois millimètres, il protège la peau et aide à la cicatrisation. Ceux qui ont la peau sensible n’hésiteront pas à l’utiliser à titre préventif.

- Mais surtout, et c’est l’horreur, au niveau de notre postérieur
Les irritations vont survenir en regard des plis fessiers et ... du trou de bal. Cela peut gâcher votre séjour. Mieux vaut donc prévenir. Les motards fortunés s’offriront une selle sur mesure en vachette retournée. Mais pour la plupart d’entre nous, il faudra rouler avec un short type cycliste en tissu imper - respirant (c’est à dire laissant respirer la peau tout en évacuant la sueur) et renforcé d’un molleton au niveau des parties sensibles.

En fin de journée, la fatigue aidant, nous auront tous tendance à rouler assis, vautrés sur cette selle devenue une véritable toile émeri. Là, nous penserons très fort à Richard SAINCT et adopter sa position : droit comme un " i ", les pieds vissés sur les calles pieds.
Les derniers kilomètres seront avalés avec tellement plus d’élégance et surtout notre derrière saura nous en remercier au centuple durant l’étape du lendemain. Enfin, lors de la préparation de votre machine avant le départ, n’hésitez pas à adapter des pontets de guidon surélevés afin d’optimiser votre position de pilotage debout.

Si malgré ces précautions votre postérieur montre des signes de fatigue après quelques jours de moto, au coucher, après le thé à la menthe, enduisez les zones irritées d’une couche épaisse de BIAFINE.

Les mains, les ampoules

Durant un enduro de un à deux jours, cela peut passer. En Afrique, il faut prévenir le mal. Tout d’abord en montant des poignées mousse. Pour les non manuels aux « mimines » fragiles, n’hésitez pas à utilisez de l’adhésif extensible à titre préventif ( le BIPLAST de chez THUASNE est très efficace du fait de son encollage en chevrons ).
Si malgré tout le mal est fait, les ampoules seront percées avec une aiguille stérile et le liquide aspiré à la seringue. Vous pouvez ensuite injecter dans l’ampoule, toujours à la seringue et à l’aiguille un peu d’éosine afin de faciliter la cicatrisation.

La trousse médicale raid : je vous renvoie aux articles parus dans MOTO VERTE en février et juillet 2003, traitant de la trousse médicale et de la tourista.

Bonnes vacances

 

 

L'échauffement et l'enduro

Stéphane IUNG, Kiné AMIS

Bien s’échauffer avant l’effort et bien s’étirer après, c’est le meilleur moyen d’éviter les chutes, de prévenir les blessures et de bien récupérer.

Avant de démarrer la moto, il est important d’y consacrer au moins une bonne dizaine de minutes.
En effet s’échauffer avant une balade, un entraînement ou une compétition va préparer le corps aux futures sollicitations.

Voici une proposition de marche à suivre :

1.       Débuter par des exercices accélérant le réveil musculaire, augmentant le rythme cardio-respiratoire et faisant monter la température des muscles.
Ils peuvent prendre la forme de course sur place en alternant avec des sautillements pieds joints, en avant, en arrière, des talons-fesses, des montées de genoux groupés sans oublier les membres supérieurs et le tronc en effectuant des rotations d’épaules, de poignets et de cou.

Remarque : il est intéressant de faire précéder ces exercices par 10-15 mins de footing ou de home-trainer (à une vitesse où l’on peut tenir une discussion) tout en instaurant progressivement des variations du rythme plus ou moins tenues. Ne pas se mettre dans le rouge et bien boire.

2.       Après un retour au calme, mettre en place une série d’étirements actifs° qui vont permettre de garder les muscles chauds. Cette technique combine simultanément à l’allongement du muscle une contraction du même muscle (pendant 6 à 8 secondes). Voici par exemple un enchaînement de 7 exercices fondamentaux d’étirements actifs : (rester debout) commencez par les mollets, les muscles postérieurs et antérieurs de la cuisse, ensuite passez à ceux du dos, du cou, des épaules et terminez par les extenseurs et fléchisseurs de la main.
Evitez les étirements passifs purs avant un effort car ils vont rendormir le muscle. Mais garder les de côté pour la récupération après la sortie !

  1. Buvez encore. Enfin, il est toujours bon, avant de faire péter les chronos, de monter sur la moto et de faire 5 minutes d’exercices spécifiques de pilotage, histoire de bien prendre en main sa monture.
    Sinon il suffit de rouler cool au début et d’augmenter progressivement le rythme.

    Ca y est, vous êtes parés. Bonne sortie !

    Stéphane IUNG Kiné du sport